apprivoiser LA PROCRASTINATION

Apprivoiser la « procrastination »!

Mon astuce aux enfants

 

Procrastination! Quel mot difficile à prononcer! Alors : « Pro »  : en avant, « Crastinus » : du lendemain. On pourrait même le traduire par « être un pro du lendemain ». Eh oui, « procrastiner » veut dire remettre au lendemain, ce que l’on devrait faire … dés maintenant. Et cela veut dire également que tu ne le fais pas seulement une fois de temps en temps, mais plutôt souvent, régulièrement même.

Alors pourquoi, pourquoi remettre à plus tard ce qu’il faudrait faire tout de suite? Plusieurs possibilités en fait :

Tout d’abord par ennui, aucune motivation, ce que tu dois faire ne t’apporte aucun plaisir, et rien que l’idée de le faire ressemble à gravir une montagne.

Par stress : là aussi, rien que d’envisager de t’atteler à cette tache t’angoisse, et déclenche une avalanche de pensées toutes plus catastrophiques les unes que les autres. « Je ne vais pas y arriver, je vais échouer, c’est trop difficile… ».

Par peur de réussir! Mais oui, je t’assure. Elle est difficile à dénicher cette peur là, mais elle existe : « Si j’y arrive, alors on va s’attendre à ce que je réussisse encore! Et si c’était un coup de bol? », « Ensuite je vais décevoir toute monde », « Donc je ne fais pas, ou à la dernière minute, comme ça, si ça passe, c’est que c’est vraiment un coup de bol! »

Par nécessité, certaines personnes ne peuvent travailler que dans l’urgence, pas quand elles sont pieds au mur, mais quand elles ont le nez dans le mur : plus possible d’y échapper, plus le temps de réfléchir, il ne reste … que l’action : ENFIN!

Le point commun c’est l‘évitement, la fuite. La conséquence c’est l’augmentation du stress. Mais aussi le fait que ça entretient une mauvais image de toi.

Ca n’est pas facile de déjouer la procrastination, surtout de nos jours avec la tentation des écrans, des réseaux sociaux, des séries, de Youtube, des jeux vidéos, ou même la lecture d’un bon livre, ou l’envie de te distraire en faisant quelque chose que tu aimes.

Je te propose d’être stratégique : quand tu sais que tu vas procrastiner, prépare toi.

Ferme les yeux et imagine toi quand tu auras terminé, comment te sentiras tu?

C’est toi le capitaine du bateau, décide de prendre la barre en main :

Réfléchis à ce dont tu as besoin pour faire cette tache, ce devoir, cette activité : mets le noir sur blanc, écris le : matériel, lieu, temps, personnes…

Estime le temps dont tu as besoin pour le faire.

Fractionne ce temps en petites étapes, et prévois de te féliciter et d’être félicité chaque fois que l’une d’elle est atteinte : tu mets une croix en face de ce que tu as déjà fait. Tu prends quelques instants pour « savourer vraiment » ta satisfaction ou ton soulagement, prends le temps de sentir le stress qui se détend. Et prévois de te récompenser et d’être récompensé quand tu auras fini.

Mais avant tout, surtout, surtout, éloigne tes sources de distraction, mets un casque anti-bruit sur les oreilles s’il le faut : sors le téléphone, la tablette … de ta chambre, et si par le plus grand des hasards tu as une télé dans ta chambre, ce sera vraiment le moment de prendre la décision de la sortir et de ne plus jamais, jamais mais vraiment jamais l’y remettre.

Pense à toi, il est temps que tu sois fier de toi, et que tu passes à l’action, car dans cette vie, il n’y a rien de mieux que la concrétisation de nos actions pour nous apporter un profond sentiment de satisfaction!

 

Apprivoiser la Procrastination

Mon astuces aux parents

 

Il est clair qu’il peut être pénible de voir son enfant ou son ado « ne pas faire » ce qu’il a à faire. Les plus jeunes peuvent être dans l’opposition, les ados dans la nonchalance, l’évitement.

La procrastination, que nous connaissons peut être quand arrive notre feuille d’impôts (Est ce qu’il ne nous est pas déjà arrivé de la remplir au dernier moment?), est plus souvent liée à la représentation de la tache, qu’à la tache elle-même. L’idée que l’on s’en fait.

Pour aider nos enfants, la première est des choses est de nous rendre disponibles! Si, nous observons qu’un travail a du mal à se faire, nous pouvons leur partager cette constatation : « Je vois qu’il n’est pas facile de te mettre au travail! » (par exemple), « Est ce que tu peux me dire ce que tu as à faire? » ( grommellements), « Oui, j’imagine que ça ne te fait pas envie, sinon ce serait déjà fait! » (re-grommellements), « Je connais ça, il y a souvent des choses que je n’ai pas envie de faire moi-même! » (il, elle, ouvre un oeil intéressé, « Ah bon, tu n’es pas parfait.e  toi non-plus» se met il ou elle à penser!), « Alors quel est ce cauchemar contre lequel tu luttes? Mais qui risque quand même bien de gagner? »…

Eh oui! Alors que notre enfant grandit, nous attendons, chaque année qu’il gagne en autonomie, quel bonheur ça serait, qu’il ou elle fasse enfin tout seul.e! Mais l’autonomie ce n’est pas forcément faire tout, tout seul, car la confiance en soi n’est pas égale dans tous les domaines de notre vie.

Ensuite ne pas demander « Pourquoi? ». Si possible, faire l’impasse sur le « sermon ». Quand l’énervement guette, s’accrocher dès que possible à tout ce qui peut nous retenir, afin d’éviter la menace ou les pires prédictions catastrophiques quant à son avenir qui s’assombrit à chaque minute qui passe!

Une fois, tous ces réflexes maitrisés si besoin, demander « Comment tu pourrais faire? », et face à un éventuel « je ne sais pas », ne pas se décourager! Tout en restant présent, lui proposer de prendre « juste » 2 minutes pour commencer, même s’il s’agit simplement de rassembler ses affaires, d’ouvrir son sac avant même de prendre l’agenda.

D’où qu’elle vienne la procrastination donne l’impression qu’il faut se confronter à un effort incommensurable avant de s’atteler à la tache et de passer à l’action. Mais une fois la mise en mouvement amorcée, l’attention se rassemble sur le « bon objectif », et déjà le tourbillon des pensées se canalise un peu mieux. Ne pas leur dire ce qu’ils doivent faire, ils le savent, mais ils ne savent pas comment car le stress envahit l’espace mental et bloque la possibilité de penser, de s’organiser, de planifier. Il complique tout, même les choses les plus simples.

Le passage à l’action, doit commencer par un geste simple : s’asseoir, prendre ses affaires, ouvrir son livre et commencer par le commencement. En se projetant dans un temps très court : « Ok, je le fais pendant 5 minutes ». Afin d’apaiser la pensée et ces fameuses angoisses de performances qui nous font croire que tout est difficile, voire impossible, car jamais assez bien. « 5 minutes, c’est un objectif atteignable ». Cela permet de reprendre ses esprits, d’envisager le temps et les étapes nécessaires à la réalisation de la tache. Plus notre enfant va concrètement faire, plus son esprit va se calmer car l’action va lui procurer un sentiment de maitrise, et l’aider à se repérer beaucoup plus efficacement sur les pas successifs à parcourir pour atteindre son but.

Et nous pourrons ainsi avoir une nouvelle occasion de lui témoigner notre admiration!

 

Apprivoiser la Procrastination

Mon astuce aux enseignants

 

S’organiser dans son travail scolaire peut relever d’un vrai savoir-faire, de vraies compétences à développer, et pas forcément d’une pré-disposition naturelle. Cela peut paraitre un peu curieux, mais aujourd’hui le travail scolaire est souvent vécu comme une contrainte, et contre toute attente, peut être difficile à relier avec ce qui est abordé en classe. Ce qui est évident pour les enseignants ne l’est pas tout à fait pour leurs élèves. Se mettre au travail, ils ont besoin de l’apprendre, et ils ont besoin … que ce soit valorisé! Beaucoup d’élèves ont des croyances sur la façon dont ils devraient effectuer leur travail scolaire, beaucoup ont des croyances sur ce qu’est l’intelligence et ce que signifierait « être intelligent ».  Leurs représentations peuvent interférer avec leur motivation, leur intérêt, et c’est là que la relation avec l’enseignant peut faire toute la différence. La « méthodologie » a fait son apparition dans les collèges, les lycées, et même décrite noir sur blanc sur certaines circulaires distribuées aux élèves en début d’année. Et pourtant, bon nombres d’entre eux peinent à appliquer ces conseils, qui, la plupart du temps, malgré leur clarté, semblent n’avoir aucun sens pour eux. Alors, que se passe-t-il? Comment se fait-il que ce rempart à la procrastination savamment élaboré ne porte-t-il pas ses fruits? Eh bien, comme beaucoup de contenus pédagogiques, la façon dont ils sont  transmis aujourd’hui, a tendance à mettre l’élève dans une situation de passivité qui ne lui permet pas de s’approprier personnellement le sens de ce qui est enseigné. Il y aurait « ceux qui savent », et eux les élèves « qui sont ignorants ». Cela induit une relation « asymétrique » qui a du mal, force est de le constaté, à passer auprès de cette génération. Que faire? Responsabiliser les élèves face à leurs obligations, en les questionnant avec une curiosité intéressée et bienveillante sur : « À quoi servent les devoirs? », « Comment vous y prenez vous pour vous organiser? », « Combien de temps avant de vous y mettre? », « Qu’est ce qui vous empêche de vous y mettre? ». Prendre le temps de les faire activement réfléchir sur leurs représentations et leurs stratégies. Recueillir toutes ces informations, toutes ces idées, les aider à partager, à s’identifier les uns aux autres, à trouver un réel intérêt à coopérer. Les féliciter, les encourager sur leurs savoir-faire trop peu valorisés le plus souvent, car nous avons tendance à penser que « c’est normal ». Non, aujourd’hui, cela n’est plus normal. Les enfants, les ados ont besoin du lien, ils ont besoin de la relation, vivante, pour se sentir existés, et pour mobiliser leur pensée.

Le rempart à la procrastination? Faire en sorte que les élèves se sentent importants, que leur existence compte, et fait une différence dans la vie de la classe. Leur procurer un sentiment d’appartenance. Cela donnera du sens à leur scolarité, soutiendra leur estime d’eux-mêmes, les rendra fiers de leur classe, de leur école, de leurs enseignants. Et cette fierté viendra peu à peu faire contre poids au découragement et au stress face au travail scolaire, et faire reculer la procrastination au profit de la motivation.

 
 
 

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