apprivoiser LES EMOTIONS

Apprivoiser les émotions,

Mon astuce aux enfants

 

Les émotions! Qu’est ce que c’est que ça? Jusqu’à 25 ans en arrière, cela n’était pas très clair « scientifiquement », et nos émotions étaient plutôt considérées comme une gêne. Grâce à un professeur en neurosciences du nom de Antonio Damasio, nous savons maintenant qu’elles sont plutôt une richesse unique et indispensable au bon fonctionnement de notre pensée. Être capable de ressentir nos émotions, de les identifier et de les nommer, c’est comme être capable de reconnaitre, de lire et de comprendre les panneaux de signalisation sur la route pour suivre la bonne direction : nos émotions nous donnent des informations pour nous aider à penser et surtout, surtout pour nous permettre d’agir avec les bonnes décisions. Quand tu vois un sens interdit, il est déconseillé de t’engager dans cette rue même si tu penses que c’est plus rapide!

Voici mon mode d’emploi :

-  De même que nous pensons toujours à quelque chose, ainsi nous ressentons toujours quelque chose, de façon plus ou moins forte. Ressentir des émotions, c’est nécessaire et normal.

  • Te souvenir, et c’est très important, qu’il y a une différence entre Ressentir une émotion et l’Exprimer. Ce n’est parce que tu es en colère, que tu dois crier par exemple!

  • Il n’y a pas d’émotions positives ou négatives, mais par contre elles peuvent être agréables ou désagréables à ressentir, voire douloureuses.

  • Accueillir dans son corps, la sensation d’une émotion pour ce qu’elle est, sans jugement, est toujours un soulagement. Imaginerais tu faire taire quelqu’un qui veut te parler pour te guider?

  • Chaque émotion est un messager très spécifique :

  • La colère t’indique que tu ne te sens pas pris en compte dans ce qui est important, fondamental pour toi : tu as besoin de dire : STOP pour être entendu dans ce qui est juste pour toi!

  • La tristesse t’invite à te replier sur toi-même pour accepter une situation douloureuse, afin de    pouvoir ensuite t’ouvrir à quelque chose d’autre, de nouveau, d’inattendu.

  • La peur, te signale un danger, tu peux soit l’affronter, soit fuir et l’éviter ou te figer sur place. Ce sont des stratégies. Mais sache que 90% de nos peurs sont liées à des croyances…

  • Le dégout, t'alerte sur le risque d’empoisonnement, au sens propre comme figuré, ainsi on dit que certaines relations sont « toxiques », bref c’est quand « tu ne le sens pas! ».

  • La surprise déploie physiologiquement toute ton attention pour t’adapter rapidement à une situation nouvelle, elle te fait lâcher la tête pour être totalement là, présent avec tous tes sens.

  • La joie, la Reine, exclusive sur le tapis rouge du festival des émotions, ton réservoir d’énergie, t'invite au partage, à la confiance, repose ta tête,  et prend soin de ton coeur!

Apprivoiser tes émotions, ça s’entraine, comme ton attention : devenir attentif à ce qui se passe à l’intérieur de toi pour prendre le temps de le décoder et de trouver les mots en parler. Le plus important, c’est de te souvenir que comprendre le message de tes émotions, te permet de beaucoup mieux réfléchir et de prendre de bien meilleures décisions, à tête reposée.

 

Apprivoiser les émotions

Mon astuce aux parents

 

Les émotions, nos émotions, leurs émotions! Quelle est la première chose qui nous vient à l’esprit quand on pense à ce mot? Est ce fluide, limpide, clair, enthousiasmant, intéressant? Est ce compliqué, flou, embarrassant, inutile?Neutre?

Pourquoi entendons nous parler d’intelligence émotionnelle? Est ce que ça a un sens?Ou bien est ce juste une invention qui laisserait croire qu’il y a une intelligence intellectuelle et une intelligence émotionnelle? La bonne nouvelle, très éclairante, depuis les premières recherches en neurosciences affectives, dont le fondateur est Allan Shore, psychologue et chercheur américain, c’est que l’une et l’autre sont intimement liées. Chez nous en France, c’est le Dr Catherine Gueguen, pédiatre qui en est le porte parole. Le cerveau de l’enfant est vulnérable, et son développement est tributaire des relations affectives avec son environnement. Jusqu’à l’âge de 5-7 ans, le cerveau émotionnel de l’enfant n’étant pas suffisamment mature, il n’est pas capable de réguler seul, sans l’aide d’un adulte compréhensif et bienveillant la tempête émotionnelle qui peut se déchaîner dans son corps et son cerveau. Il n’y est pour rien, l’immaturité de son cerveau le soumet ainsi, et parfois de façon violente, à ce débordement interne.

Accueillir de façon avisée et calme ses expressions émotionnelles est la seule façon d’apprendre à un enfant à donner du sens à ce qu’il ressent, pour le décoder, l’accepter et en fin de compte pouvoir le penser par lui-même.

Ca lui permet de grandir de façon rassurante et compréhensible dans ce monde aux mille facettes. Être l’auxiliaire émotionnel de nos enfants, permet au système limbique, autrement appelé cerveau émotionnel, de petit à petit développer des connexions solides et efficaces avec son cortex pré-frontal, siège des principales fonctions de traitement de l’information, sur le plan cérébral. Il n’y a plus aucun doute sur la question : les IRM cérébrales le prouvent, la maltraitance, la menace, l’humiliation affectent le développement du cerveau de l’enfant, sa capacité à penser et donc ses relations sociales. La compréhension du rôle déterminant des émotions dans notre capacité à prendre les justes décisions a été largement décrite par Antonio Damasio dans « L’erreur de Descartes ».

L’humanité de notre intelligence, notre intelligence humaine, s’origine dans cette vulnérabilité de naissance, qu’est l’immaturité de notre cerveau.

En prenant le temps, la décision, avec courage et tendresse, de mettre de côté certains de nos préjugés sur l’éducation, nous pouvons apprendre à reconnaître et à nommer pour nos enfants, ce qu’ils ressentent, de façon non jugeante, et surtout non culpabilisante : « Je vois que cela te fait de la peine. C’est normal que  telle situation te mette en colère, que cela te déçoive… », sans chercher à résoudre la situation, juste pour lui tendre la main, ne pas le laisser seul. Car décrire l’émotion à l’enfant, c’est comme remettre un train sur ses rails, c’est lui redonner le sens, la direction, et lui, tout naturellement, fera la suite du chemin, pour aborder peu à peu le monde extérieur avec toutes les ressources de son intelligence.

 

Apprivoiser les émotions

Mon astuce aux enseignants

 

Dans les établissements scolaires, l’expression des émotions des élèves, comme des enseignants, ou des parents peut s’avérer délicate à réguler. Les élèves en difficultés d’apprentissage sont, en général, maintenant bien mieux repérés et pris en charge… à condition qu’ils ne présentent pas de dérapages dans leur comportement. La surcharge d’élèves dans les classes ne facilite pas la possibilité d’ajustement des professeurs. Et pourtant, traduire que les comportements difficiles, qui débordent, sont des manifestations de souffrance, oui de souffrance, de vraie souffrance de la part de ces enfants, adolescents ou adultes, pourrait permettre de faire face avec un autre regard. Aujourd’hui, la communication non violente, la discipline positive, les « Faber et Mazlish »  nous proposent des outils précis et concrets pour interagir avec respect mutuel. Mais, au-delà d’une technique, c’est un travail, sans cesse renouvelé. Le regard, la posture et l’intention de prendre soin du lien, de la relation, sont le soubassement de ces approches.

Prendre soin des émotions des élèves, c’est de façon préventive, s’employer à souligner en amont les efforts, les progrès, l’investissement, aussi infime qu’il paraisse. Non de façon « plaquée », mais avec sincérité, présence, allez osons le dire : avec coeur! Du mieux que nous le pouvons, souvenons nous de la vulnérabilité de leur cerveau en développement, souvenons nous que leur capacité à faire face à la vie dépend, se construit dans l’interaction avec l’environnement.

L’agressivité, « l’impertinence », la provocation des enfants, ou leur position de retrait reflet de mouvements dépressifs sont liés à l’image qu’ils ont d’eux-même, et le sentiment d’échec, de déception qu’ils semblent percevoir dans le regard des adultes. Employons nous, dés leur plus jeune âge à prendre soin de leurs ressentis, à les accueillir, les nommer avec une bienveillance active, conscientisée. Autant que le contenu de leurs programmes, c’est notre posture qui va les inviter à apprendre, notre posture rassurante, qui va leur permettre de préserver et de nourrir leur curiosité. Il est tellement normal d’être traversés de mouvements émotionnels parfois pénibles, leur faire de la place, sans jugement, nous permet de leur trouver un sens, et de développer également une grande indulgence vis à vis de nous-mêmes, tout en nous donnant l’opportunité de pouvoir les partager, parfois avec humour, et même si cela est douloureux, avec tendresse et douceur aussi.

 
 
 

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