apprivoiser LES ECRANS

Apprivoiser les « écrans »

Astuces aux enfants et aux adolescents

 

Aujourd’hui, on utilise le mot « écrans » pour parler des effets plutôt négatifs des outils numériques sur notre quotidien. En effet, les chiffres sont là pour nous indiquer qu’ils nous accompagnent de façon très rapprochée dans notre vie de tous les jours. Plus de 80% des adolescents disposent d’un smartphone, 59% des adultes se considèrent comme dépendants, 69% des parents sont inquiets de leur présence dans la vie de leur enfant. C’est normal, quand on est un enfantons un adolescent il est très difficile, voire impossible parfois, de résister à l’attrait des écrans. Mais pourquoi donc?

Il y a deux ou trois grandes raisons assez simples mais qu’il me parait importante de connaitre :

En ce qui concerne les jeux vidéos, ou les jeux tout court, ceux-ci ont un effet sur notre système neuronal qui est en lien avec la sensation de récompense : ils stimulent un circuit dans notre cerveau qui est très sensible au plaisir immédiat, un peu comme manger des bonbons, c’est bon au gout mais pas terrible pour la santé! Et quand on commence, il est difficile d’arrêter. Les couleurs et le type d’images représentées dans les jeux sont destinées à captiver notre attention, on ne peut pas s’empêcher de les regarder d’une certaine façon. Se déscotcher nous demande un effort, et plus on les regarde, plus l’effort est difficile.

Une autre raison est notre nature d’être humain : nous aimons les réseaux sociaux car nous sommes des êtres « sociaux » justement, la vie des autres nous intéresse naturellement, et maintenant qu’elle est constamment à portée de main, nous éprouvons le besoin de « savoir », quand bien même, quand on y pense, cela ne nous apporte pas grand chose!

Une troisième chose à savoir : ta capacité à contrôler ton attention, à la diriger sur un objectif qui va te satisfaire à plus long terme, ne sera totalement efficace qu’à partir de… 25 ans! La lutte face aux écrans quand on est encore un enfant ou un ado est donc vraiment inégale!!

Mais est ce que tu vas pour autant te laisser « voler » ton temps et ta motivation, car à y regarder de plus près c’est vraiment ça qui se passe! Tu penses que ça te fait du bien, mais…

Mon astuce : observe dans quel état tu es après avoir passé 30 minutes sur un écran, que ce soit un jeu, des réseaux sociaux, Youtube? Observe bien! Es tu détendu, heureux, satisfait, épanoui? Peux tu facilement te détacher de ton écran? As tu l’impression que c’est toi qui décide ou bien le contenu de ton écran? est ce que tu te sens libre ou bien contraint, forcé de continuer?

Apprends à te fixer une limite, juste pour voir ce que ça fait, au moins une fois : dis toi, « Au bout de 30 minutes j’arrête et je vais faire telle autre chose », car c’est important d’avoir un autre objectif de rechange. Félicite toi d’avoir tenu ton défi et profite, profite pleinement de ta décision.

Tu verras, curieusement tu vas te sentir fier, très fier de toi, fier d’être celui qui décide pour lui-même, pour sa vie. Les outils numériques sont très précieux dans beaucoup de domaines et de taches, mais nous devons apprendre à choisir comment les utiliser, pour ne pas nous couper de ce qui est autour de nous et qui nous permet de faire appel à tous nos sens, et à toutes nos sensations!

 

Astuces aux parents :

 

Quelques repères existent dans l’apprentissage de l’usage des écrans et leur régulation. Les bornes 3,6,9 et 12 de Serge Tisseron, psychologue, sont accessibles facilement sur « internet », et nous proposent de claires préconisations en la matière. Il n’est aucunement question de diaboliser, ni même de dramatiser les outils numériques qui font maintenant partie intégrante de nos vies et sont même devenus incontournables. Mais nous avons peu de recul sur leurs conséquences encore aujourd’hui.

Ce que nous savons, pour nos enfants, c’est que rien, dans la petite enfance ne remplace la relation, car aucun écran ne pourra répondre de façon « humaine », c’est à dire avec des expressions faciales émotionnelles qui peuvent permettre à l’enfant de développer ses habiletés sociales.

Ce que nous savons également, c’est que l’immaturité du cerveau de nos enfants, dans le sens développemental du terme, ne leur permet pas  ou très difficilement de réguler par eux-mêmes leur consommation d’écran.  Leur système attentionnel va être plus facilement happé par le contenu des écrans tels que les jeux, les réseaux sociaux qui leur donnent accès à une réponse immédiate. Or le fait d’orienter son attention vers une tache qui prend du temps, de la concentration, et une satisfaction à plus long terme, requiert un effort plus élaboré et l’accès à la conscience de choisir, de décider. Même pour nous, adultes, nous pouvons constater à quel point cela peut nous être ardu. Particulièrement dans les moments de fatigue, de découragement… ll nous est plus difficile de résister à la tentation de nous distraire avec nos écrans. Et pourtant. Une fois l’écran fermé, le jeu terminé, que nous reste-t-il?

Et c’est cela qui peut porter préjudice à nos enfants, à leur insu. Ils peuvent avoir le sentiment d’être en lien, de se faire plaisir, de se récompenser. Et pourtant. Et pourtant non, pas vraiment. Une fois l’écran éteint, et parfois au prix d’un énorme effort, comment se sentent ils? Comment nous sentons nous? Heureux, épanouis… présents? Ou seuls?

Pour être connectés, nous devons nous déconnecter, c’est cela la réalité, le cerveau ne peut pas faire deux choses à la fois, il n’a pas été conçu pour ça! Si nous sommes attentifs, et de plus de façon passive, à notre écran, nous ne pouvons pas être attentifs à ce qui est autour de nous, à qui est autour de nous. C’est physiologique. Et c’est fatigant.

Etre présent, choisir à quoi nous souhaitons adresser notre attention, à qui? Un bel enjeu, bien contemporain! Mais qui nous permet de rester conscients de nos choix.

Accompagner nos enfants dans la régulation de l’usage des écrans c’est les accompagner à construire leur libre-arbitre et à préserver leur liberté, leur apprendre à être attentifs à ce qui est important pour eux, y compris le lien aux autres et avant tout, le lien avec eux-mêmes.

 

Astuces aux enseignants,

 

Il n’y a pas aujourd’hui de preuves évidentes d’entrainements, d’apprentissages qui permettraient de développer l’intelligence grâce à des jeux cognitifs, éducatifs. La neuropsychologie utilise bien des logiciels de remédiation cognitive, ludiques, motivants, pour entrainer l’attention, la mémoire, les habiletés visuo-spatiales…, mais jusqu’à quel point ces entraînements sont ils transférables à d’autres situations d’apprentissage, cela n’est pas vraiment clair. Les outils numériques sont à la porte des salles classe, parfois déjà dans les classes. Utiles, voire indispensables pour certains élèves, pour prendre des notes comme dans les cas de dyspraxie, de dysgraphie, gérer des informations dans les cas de dyslexie, ou autres troubles de l’apprentissage et troubles cognitifs, pour stocker des informations, des cours, des livres… Il n’en demeure pas moins important d’apprendre aux élèves à les utiliser pour ne pas imaginer que ceux-ci pourraient remplacer… leur mémoire, ou plutôt leur travail de mémorisation, le cheminement de leur pensée, le déroulement de leur raisonnement. Utiliser les outils numériques dans les apprentissages, cela aussi s’apprend! Et cela s’apprend en développant une conscience de leur utilité et non pour pallier un quelconque effort de compréhension. Aller chercher une information sur internet par exemple, demande d’avoir au préalable réfléchi au type d’information dont on a besoin, et pourquoi, dans quel but? Afin de ne pas dériver d’informations en informations, voire de complexifier le sujet, surcharger la tache et en perdre son sens, sa compréhension. Cela demande de maîtriser son sujet afin de ne pas déléguer le savoir à l’outil. Afin de ne pas accumuler toutes sortes d’informations, dont on va finir par oublier l’existence, et qui vont encombrer, non seulement notre outil numérique, mais également notre espace mental, d’une façon tout à fait insidieuse et passive.

Les élèves utilisent déjà ces supports de façon régulière, à leur façon. Afin que cet usage leur soit bénéfique et profitable, leur enseignement avisé, structuré, va devenir incontournable, et va leur permettre d’en acquérir la maitrise. Une maîtrise qui consistera à les rendre actifs face aux écrans, à les rendre vigilants, dans le développement d’une attention consciente et intentionnellement dirigée vers un objectif clairement défini, qu’ils auront eux-mêmes, choisi au préalable. Eduquer à l’usage des écrans, un enjeu important, décisif pour apprendre aux élèves comment préserver leur liberté et leur libre arbitre, et leur permettre de discerner entre ce qui contribue vraiment à leur épanouissement et ce qui les éloigne de ce qui les motive, et leur permet d’alimenter leur curiosité de façon vivante

 
 
 

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