La psychologie expliquée aux parents...

un profil

« Haut Potentiel »

la psychothérapie

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La psychologie expliquée aux parents

Avoir un profil « Haut Potentiel »

Comme décrit précédemment dans le texte aux enfants et aux ados, nombreuses sont les appellations que l’on destine aux enfants « précoces ». Depuis quelques temps, l’Éducation Nationale a officiellement adopté le terme « Haut Potentiel ». Oui, je dis bien officiellement! Ce profil, mode de fonctionnement est donc officiellement (une fois encore) identifié par l’Éducation Nationale. Votre enfant HP n’est donc pas un OVNI, une invention, un besoin parental de « valoriser son enfant ». Un enfant ou adolescent avec ce mode de fonctionnement spécifique et plus particulièrement en ce qui concerne son rapport aux apprentissages, est reconnu par notre système scolaire. Sur la base bien entendu d’un test qui valide de façon explicite, les résultats obtenus. Pas seulement sur la base des résultats chiffrés, mais surtout à partir de leur interprétation par des professionnels reconnus : psychologues spécialisés dans les apprentissages scolaires et neuropsychologues. En effet, un bilan s’interprète. Il ne s’agit pas d’une simple « démarche administrative », mais bien d’une investigation clinique qui va prendre en compte nombre de paramètres.

 

L’histoire de votre enfant, sa personnalité, sa façon de communiquer, de réguler ses émotions, son parcours scolaire, les troubles des apprentissages dont il peut être porteur et qui sont fréquents chez les enfants surdoués… Et puis sera pris en compte son état émotionnel au jour du bilan qui peut bien sûr influencer les résultats et surtout sa posture face à la passation. Car il ne s’agit pas d’un examen, ni d’un concours, mais bien d’une investigation bienveillante, du potentiel mobilisable de votre enfant.

Comme tous les enfants, un enfant HP, sera attachant, suscitera l’émerveillement, mais il peut également déstabiliser dans son mode relationnel : tellement paradoxal ! Très mature et en même temps le jouet des fluctuations émotionnels : très haut, enthousiaste ! très bas, décomposé, anéanti ! Et cela en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Pointilleux sur les mots, mais passionnant dans ses propos. Curieux, observateur, exigeant, perfectionniste, jusqu’au-boutiste ! Mais aussi perdu, ne sachant par où commencer, submergé par les informations… procrastinateur avéré. D’une sensibilité déconcertante, les contraintes, les imprévus, les limites, les échecs, les reproches … sont autant de bouleversements qu’il (elle) vit comme une tourmente insupportable.

Alors face à cette richesse qui déborde, dans tous les sens du terme, il n’est pas toujours évident pour les parents de se positionner. Patience, le maitre mot, et constance. Car un tel enfant a besoin de repères solides, durables dans le temps qu’il s’évertuera à tester. Face au bouillonnement émotionnel dont il est l’objet, face au tourbillon des pensées qui lui tournent la tête, aux prises avec son empathie qui le fait fondre au risque de se perdre, il lui faut du solide : des trois petits cochons c’est celui qui exige la maison en briques !! Elle ne doit pas céder au souffle puissant des doutes qui l’étreignent, des questionnements existentiels qui lui donnent l’impression que le sol vacille sous ses pieds. Parfois de longues dissertations agrémenteront vos soirées, mais régulièrement des mots simples, clairs et affirmés seront nécessaires à le faire redescendre les pieds sur la terre ferme.  

Ne doutez pas trop de vos repères éducationnels mais n’hésitez pas non plus à être soutenus, car même petit, tout petit, un enfant avec cette personnalité et cette puissance de pensée peut vous faire perdre vos moyens, et votre latin… et vous faire éprouver tout naturellement le besoin d’être soutenus pour légitimer votre place de parents.

L’important étant de pouvoir partager avec votre enfant et lui apporter le meilleur de ce qui pourra le construire et constituer la confiance dont il a tant besoin.

La psychologie expliquée aux parents

Le bilan psychologique

La psychologie a beaucoup évolué ces dernières décennies, en France un peu plus lentement car nous sommes exigeants. Nous savons nous remettre en question, mais peinons à prendre des décisions pour réorienter notre regard, notre façon de penser, restant sur des manières de faire, dont nous avons l’habitude, qui nous rassurent car elles nous donnent l’impression que nous savons, que nous savons faire, allez, osons le dire : que nous contrôlons la situation !

 

Mais la psychologie, au sens large, s’est « modernisée » ! Nous ne pouvons plus pratiquer notre métier aujourd’hui, comme nous le pratiquions il y a 30 ans. Cela est encore plus vrai en ce qui concerne la psychologie de l’enfant et de l’adolescent. Non seulement notre société a radicalement changé dans son mode de vie, ce qui nous confronte à de nouvelles problématiques, mais surtout, surtout, grâce aux neurosciences, nous comprenons mieux ce qu’il se passe dans notre cerveau. Ainsi nous pouvons nous sentir, soit « confirmés » dans notre pratique thérapeutique, soit soutenus dans nos propos par ce que nous montrent les IRM cérébrales. Nous pouvons étayer notre expertise grâce aux recherches scientifiques ! Que ce soit dans le domaine de la psychothérapie comme dans le domaine des troubles cognitifs. Pour les troubles des apprentissages, cela ne nous éclaire pas sur les causes, mais cela nous permet de constater des modes de fonctionnement cognitifs.

 

L’investigation des troubles des apprentissages a donc pris un sens nouveau : nous avons besoin de comprendre, pour pouvoir mieux aider. Dépister, diagnostiquer, non pour pointer du doigt les failles, mais expliquer les fragilités et surtout, surtout mettre en valeur les ressources : car il y en a absolument toujours.

 

L’investigation diagnostique du bilan psychologique permet de mettre des mots sur les besoins de nos enfants, et orienter les familles vers les professionnels spécialisés. Un enfant  a toujours des ressources : faire un bilan c’est prévenir une autre fragilisation, celle de l’estime de soi, meilleur prédicteur de la réussite scolaire. Mettre en avant les ressources de l’enfant doit être l’objectif principal d’un bilan. Et pas uniquement ses ressources intellectuelles, mais ses ressources humaines, ses qualités, ses savoir-faire, ce qu’il aime, ce qui le passionne, ce qui le motive. Cela est d’autant plus important aujourd’hui qu’ils font face à la tentation constante de l’immédiateté que leur proposent les outils numériques. Le conflit attentionnel que cela alimente, peut les détourner des activités qui demandent patience et endurance, mais qui apportent une satisfaction inégalée, fondement de l’estime de soi, car incarnées et concrétisées dans la réalité : ce qui est accompli, est la sous nos yeux. La manifestation de ce dont nous sommes porteurs à l’intérieur de nous, reflet toujours digne d’émerveillement de ce dont nous sommes capables individuellement, et cela quel que soit notre niveau de maitrise : la joie de l’apprentissage, chacun à son rythme.

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La psychologie expliquée aux adultes

La consultation psycholgique

La psychologie a beaucoup évolué ces 10, 15 dernières années dans notre pays. Tout d’abord, les recherches en neurosciences cognitives, la neuropsychologie, nous ont permis de mieux comprendre les fonctions du cerveau impliquées dans les apprentissages, telles que la mémoire, l’attention, le langage, etc. Mais très récemment les chercheurs en neuro-sciences affectives, surtout implantées aux USA, ont mené des études sur le développement des émotions, leur décodage, ainsi que les aptitudes mobilisées dans les relations sociales. Ils nous éclairent aujourd’hui, de façon scientifique, sur ce qui favorise la régulation émotionnelle, apaise le stress, consolide « la confiance en soi »…

Les approches thérapeutiques telles que les Thérapies cognitives et comportementales, la psychologie positive, « les thérapies cognitives de troisième vague », comme on les appelle, ont fait l’objet d’évaluation et permettent ainsi que le métier de psychologue/psychothérapeute sorte de son halo mystérieux, d’une forme de pratique taboue, pour devenir une profession qui peut expliciter clairement son approche et surtout s’adapter aux besoins des patients quels qu’ils soient. Car toutes les consultations auprès des professionnels de la psychologie ne sont pas motivées par les mêmes objectifs : d’un éclairage en tant que parents sur une difficulté avec son enfant, à un besoin de compréhension d’une problématique personnelle, jusqu’à une demande de psychothérapie sur un plus long terme pour se donner le temps d’explorer son propre mode de fonctionnement, ou encore afin d’être aidé car une souffrance plus profonde requiert alors un accompagnement thérapeutique absolument nécessaire.

Les demandes sont plurielles, les individualités sont diverses, les chemins sont tellement personnels. Prendre contact avec un psychologue doit être une démarche légitime, quelle que soit la question sous-jacente. Il n’y a pas de petite ou de grande souffrance, il y a des questionnements, des doutes, des errances parfois. Il n’y a pas d’un côté « être fort », et de l’autre « être faible », de « je dois m’en sortir tout seul » ou de « je suis bon à rien », terreau de la culpabilité, du jugement sur soi et finalement du désarroi et de la solitude.

Aujourd’hui nous faisons face à des problématiques nouvelles, car notre mode de vie a drastiquement changé, et il est tellement « normal » d’être déboussolé. Tout va tellement vite, nous pouvons nous sentir bombardé d’informations, de pressions de toutes sortes, et il serait violent vis-à-vis de soi-même de s’infliger la croyance que tout ça est supportable, à n’importe quel prix.

La psychologie aujourd’hui propose un autre regard, elle prend le contre-pied de la performance pour inviter à la bienveillance. Ah ! Cette bienveillance, on en a tant parlé, qu’on ne sait plus trop ce que cela veut dire. Cela veut dire « prendre les choses en main de façon constructive » ! Cela veut dire, apprendre un nouveau langage. Celui de la compréhension éclairée de son propre mode de fonctionnement. Apprendre à comprendre, afin de pouvoir mieux connaitre sa marge de manœuvre, et ainsi mieux choisir comment orienter son action. Étonnamment, cette psychologie-là requiert un véritable engagement vis-à-vis de soi-même, car elle peut sembler vraiment contre-intuitive ! Comment ?! Apprendre à tourner mon regard vers ce qui est bon en moi ? Eh oui ! Car il faut prendre des forces pour affronter ce qui est douloureux, prendre des forces pour renoncer aux entraves, pour croire, et prendre conscience que trouver sa place, demande d’advenir à qui l’on est, sa propre subjectivité. Et quel apaisement de petit-à-petit cesser de lutter, pour accepter et comprendre que notre souffrance est le reflet de nos besoins, et non de nos échecs. Qu’aller voir un psychologue, c’est aller rencontrer un traducteur, qui fait changer de paradigme : la souffrance devient notre porte-parole, et non notre bourreau, elle nous appelle à nous écouter profondément, pour enfin laisser émerger ce qui compte vraiment pour soi. Pour soi, non de façon égoïste,  mais pour ainsi devenir disponible au partage, à la relation, à l’autre, car l’enjeu d’exister n’a alors plus besoin d’être le point central de notre attention.

La psychologie expliquée aux parents