apprivoiser LA JALOUSIE

Apprivoiser « la jalousie »

Mon astuce aux enfants

 

Est ce qu’il t’est déjà arrivé de ressentir une impression très désagréable, comme ton ventre qui se noue, ton coeur qui bat la chamade (très vite), ta gorge qui se serre et comme une envie irrépressible de mordre, ou de crier… quand tu vois l’un de tes deux parents s’occuper de ton frère ou de ta soeur, ou lorsqu’ils se retrouvent tous les deux le soir alors que tu es couché? Peut être as-tu déjà ressenti cela aussi avec tes amis, lorsqu’ils jouent ou parlent entre eux, ou à l’école quand ton enseignant semble s’intéresser plus aux autres élèves qu’à toi? C’est une impression désagréable et douloureuse, mais très intense, et qui peut nous donner des réactions incontrôlables, ou presque! Ce ressenti a un nom : la jalousie! C’est une émotion secondaire, un mélange de peur, de colère et de… tristesse! Eh oui, de la tristesse, car on éprouve plus souvent de la jalousie quand on doute de sa propre valeur et de son propre intérêt vis à vis des autres. Notre sentiment de jalousie dépend de « notre estime de nous-mêmes ». Si tu te crois inintéressant, ou bête, ou moche, si tu ne connais pas encore bien tes qualités, tes savoir-faire, tes compétences, si tu as tendance à souvent te faire des reproches, à porter ton attention sur ce que tu ne sais pas encore bien faire… alors l'image de toi-même risque de ne pas être très bonne. Et le pire, c’est quand tu te mets à ne penser qu’à ça, et à croire toutes les idées fausses et négatives que tu peux avoir sur toi! Si c’est le cas, alors il est tout à fait normal que tu ressentes plus facilement de la jalousie, car on ressent cette émotion quand on a peur de perdre l’amour et l’attention des personnes qui sont très importantes pour nous.

Si tu ressens de la jalousie, il peut se passer deux choses : soit tu dis que ce sont les autres qui sont méchants, soit tu t’en prends à toi-même en te disant que tu ne vaux rien et que tu n’intéresses personne! Ca n’est ni l’un, ni l’autre. C’est surtout qu’il est temps que tu apprennes à bien observer tout ce que tu sais déjà faire, que tu notes régulièrement tous les compliments et les encouragements que l’on te fait. C’est surtout qu’il est temps que tu réfléchisses à ce que tu aimes faire, et à ce que tu réussis. Que ce soit dans le domaine, scolaire, sportif, des loisirs, dans tes relations avec tes amis, dans ta famille : il y a forcément des tas de choses que tu fais bien, ou très bien et pour lesquelles on t’apprécie, juste pour qui tu es.

Mon astuce : Commence dés maintenant à demander à tes parents, tes grands-parents ou tes amis quelles sont, à leur avis, tes qualités : cela te permettra de les développer encore mieux et de prendre confiance en toi! Mais avant de leur demander, entraine toi à trouver au moins une qualité à toutes ces personnes que tu aimes, comme ça, s’ils sont surpris de ta question, tu pourras leur dire, par exemple : « Maman, moi je trouve que tu prends soin de nous, même si parfois tu cries, je sais que tu fais de ton mieux pour nous rendre heureux, tu es une maman attentive, c’est une de tes qualités! »… Je te laisse réfléchir pour ton papa, tes frères, tes soeurs, tes amis, tes enseignants… ça leur fera plaisir et ils comprendrons alors très vite ce que tu leur demandes. Et tu verras, quand tu te seras bien entrainé à trouver les qualités de toutes ces personnes, tu te rendras compte, que ta jalousie aura déjà bien diminué, car c’est notre propre capacité à aimer qui nous rend déjà plus fort, et plus confiant. 

 

Apprivoiser « la jalousie »

Astuces aux parents

 

Il est fréquent que nos enfants se montrent « jaloux », les uns envers les autres, ou bien même envers l’un des deux parents. La jalousie envers le père ou la mère est « normale », l’enfant petit espère s’accaparer l’attention et l’amour de son parent de sexe opposé, évinçant ainsi son ou sa « rival.e ». Cette période du développement est très importante, au-delà de l’anecdotique Complexe d’Oedipe! La façon dont l’enfant va peu à peu renoncer à ce lien fantasmatique va être fondateur pour lui : être trois, sortir du lien fusionnel où l’autre est tout entier à soi, où l’autre peut comprendre, anticiper et répondre aux désirs de l’enfant sans même qu’il ne les énonce. Capter l’attention, contrôler l’objet de sa »convoitise ». Cette fusion peut parfois exister de façon plus douloureuse, où, las de l’exigence exclusive de son enfant, un parent peut développer des mouvements de rejet, ne sachant pas comment, tout seul, « couper » le cordon. Peut être par crainte de trop le faire souffrir, ou de l’abandonner. Apprendre à être trois pour l’enfant : c’est accepter sa place d’enfant, renoncer à la toute puissance de la toute petite enfance bénéficiant de l’attention démultipliée du parent de par son état de profonde dépendance, pour faire exister un autre, d’autres, les autres sans se sentir menacé d’oubli, de désamour, d’abandon. Et ainsi continuer d’apprendre d’être avec soi-même, d’apprendre à être seul avec sa pensée, ses émotions, son imagination, sa créativité, son monde interne, sans pourtant être isolé et dans la détresse. Apprendre à se relier à soi-même, en toute tranquillité et avec la joie d’être une personne unique, d’être Soi. Mais la construction de cet état de satisfaction interne se confronte parfois à des obstacles : comme l’arrivée des frères et soeurs, par exemple! Voilà que de petits êtres qui pleurent, dorment, mangent et ne parlent « même pas », peuvent, à leur tour, captiver toute l’attention parentale! Françoise Dolto disait que les enfants qui ont une fratrie développent mieux leur sociabilité : ils apprennent à partager. Mais cette jalousie qui peut être attisée par une nouvelle naissance est bien légitime. Être attentif en tant que parents à souligner aux ainés tout ce qu’is savent déjà faire, valoriser leurs places les aidera à se sentir fiers et rassurés quant au lien qui les unit à leurs parents. Encore et encore, alimenter l’estime de soi de ses enfants, à tout âge, par des retours constructifs sur tout ce qui témoigne de leur autonomie de pensée, émotionnelle ou d’action, les encouragera à se développer, car ils garderont en eux la conviction de l’amour inconditionnel de leurs parents. Leur confiance en eux ainsi préservée les gardera d’éprouver une jalousie préoccupante signe d’un doute trop important quant à la réalité de pouvoir perdre vraiment leur place dans le coeur de leurs parents.

 

Apprivoiser « La jalousie »

Mon astuce aux enseignants

 

La manifestation de la jalousie n’est pas toujours perceptible à l’école. Plusieurs raisons à cela : les élèves, hors de leur contexte familial, contiennent de façon plus efficace leurs sentiments ambivalents : la crainte du jugement, d’être mal considérés, de déplaire, bref ce que nous appelons le contrôle surmoïque, dont fait partie l’intégration des règles sociales, les aide réguler leur comportement. Cependant, il y a aussi « les règlements de compte », en dehors de la vue des adultes, dans la cours de récréation, ces appellations de « chouchou » du maitre ou de la maitresse, de « fayot »…, et puis ce qui peut se transformer en rivalité, en compétition pour gagner les faveurs de l’enseignant, se sentir apprécié. Cela parait peut être tout à fait « normal », mais si l’on regarde d’un peu plus près, l’est-ce vraiment? Car, de la jalousie, qui prend sa source dans l’anxiété, le sentiment de  vulnérabilité interne, la mauvaise estime de soi, il n’y a pas forcément un grand pas à faire pour être dans la rivalité, la compétition et même le harcèlement. Sans en être conscients, les professeurs peuvent alimenter cette situation. Les études sur les causes du harcèlement ont en effet identifié l’attitude jugeante, stigmatisante, dévalorisante des enseignants comme un des facteurs qui alimente le harcèlement au sein d’une classe. La quête de performance, la peur d’être ridiculisée, le sentiment de honte, créent de fortes tensions internes qui se déchargent alors sur les plus vulnérables, les plus isolés, voire les plus « différents ». La jalousie, cette émotion brulante, dévorante même, qui fait perdre pied, qui fait tourner la tête, qui coupe du sens de la réalité pour entrainer l’esprit dans les méandres interprétatives du comportement d’un autre, perçu alors comme attaquant, persécutoire, pour son propre sentiment d’intégrité. La jalousie qui porte à croire, que sans la présence ressentie comme gênante, de cet autre, la place victorieuse de celui que l’on aime, de l’élu, est à portée de main.

Valoriser chacun, dans sa classe, encourager chacun, car l’on est soi-même en tant qu’enseignant, suffisamment tranquille avec son sentiment de valeur personnelle, atténue la jalousie, rassure chaque élève sur sa place, unique, dans son lien à l’adulte. Alors, nul besoin de se comparer, nul besoin de croire que l’existence d’un autre est dangereuse. Juste l’apaisement de ressentir que l’on est apprécié, comme l’on est, pour ce que l’on est, juste la sécurité de sentir au plus profond de soi, le droit de n’être qu’un enfant, qu’un enfant qui grandit, à l’abri de la crainte qu’un autre pourrait être meilleur, et donc plus aimable, dans sa qualité d’être, que ce qu’il n’est déjà lui-même.

 
 
 

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