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Nos émotions sont l’héritage de notre évolution, sans elles, nous aurions eu bien du mal à survivre ! Elles nous permettent de réagir en cas de nécessité, de nous adapter… elles ont joué un rôle déterminant dans le développement nos capacités parentales : être attentifs aux signaux de détresse de « nos petits » afin d’y répondre le plus rapidement possible, leur apporter, protection, soin, sécurité mais aussi favoriser la communication et l’émergence de l’espace symbolique du jeu. Une richesse « typiquement humaine », qui nous a rendus profondément pro-sociaux !


Nos émotions sont la signature de notre nature humaine, et pourtant nous avons parfois du mal à les sentir, à les comprendre et à en faire une voie d’épanouissement, d’expression de notre créative singularité.

Source de richesse, de lien à soi et aux autres, elles se déclinent à l’infini, subtilement, secrètement, ou encore avec intensité voire débordement ou tout en douceur. C’est une palette de couleurs avec laquelle il semble tout à fait utile d’apprendre à composer, avec le plus de tranquillité possible.



De façon ludique, bienveillante, et encore une fois créative, les programmes de pleine conscience pour les enfants, les guident à découvrir leur géographie émotionnelle et à la parcourir quelles qu’en soient les aspérités. Ils leur proposent de s’ancrer dans l’ici et maintenant du corps pour leur apprendre à y être attentifs dans toutes ses manifestations, les sensations, les histoires que les émotions leur racontent, les actions qu’elles les poussent à faire ou qu’elles les empêchent d’avoir… et surtout ces programmes apprennent aux enfants à choisir comment ils souhaitent se comporter face à leurs émotions … Rien de magique, et pourtant un réel bénéfice constaté, alors que ces programmes sont proposés depuis plusieurs années déjà : plus de calme, d’attention, de communication, de confiance.


Entre chaque séance, un exercice quotidien simple permet de prendre de nouvelles habitudes et de se sentir plus présent à chaque instant … et donc plus heureux, tout simplement.


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Méditation & Pleine conscience | RegardsPsy_Lyon


Que signifie réussir ? L’aisance financière voire l’abondance ? La position sociale ? L’épanouissement personnel ? La sensation de contribuer concrètement au développement, la préservation de notre relation à nous-mêmes, au monde et aux autres ?

Peut-être tout cela ou peut-être rien de tout cela ?


L’amélioration de nos conditions de vie a un effet de paradoxe : plus de confort, de rapidité, de plaisir, de loisirs. Cet éloignement du combat pour notre survie, en tout cas pour grand nombre d’entre nous, alimente un rapport à la vie teinté d’abstraction : son hégémonie est l’avènement du « clic ». Une carte bancaire, un clic, un achat. Un « clic » une vie encensée, un « clic » une vie brisée. Cette abstraction automatisée nous éloigne d’une sensation concrète de prise sur la vie, sur notre vie. Elle nous détourne parfois bien loin du concret, et nous nous retrouvons à errer dans notre esprit.



Évoquer le vagabondage de l’esprit, par ailleurs également source d’inspiration, sous le mot « errance » et non « penser » est, ici, intentionnel. Penser est un acte qui se devrait d’être volontaire, agit, construit, fruit d’un effort de compréhension et d’élaboration. Mais tel est le paradoxe que nous amène notre confort de vie : pas assez de « penser », trop d’abstraction ballotée par les vagues de nos émotions, de nos jugements auto-critiques, de nos ruminations, de notre insatisfaction ou encore de notre stress.

Apparemment la perspective du gain, alimente cette abstraction : plus le profit est grand, plus il semble appeler un profit plus important encore, repoussant les limites de notre envie « d’avoir ». L’ambition est un noble moteur, pour autant qu’elle draine dans son sillon le désir d’y fédérer le plus grand nombre et non de l’en exclure.

Cet effet de paradoxe continue de s’accentuer : alors que nous sommes une espèce profondément et intrinsèquement pro-sociale, le progrès technologique, avec son influence sur la vie personnelle, professionnelle et politique, semble nous éloigner de notre destinée humaine qui n’est rien d’autre que d’œuvrer à vivre ensemble, prendre soin les uns des autres, et mettre à contribution notre être pour réaliser cet accomplissement.

Réaliser, se réaliser. Et si c’était cela la réussite ? Et si se réaliser ne pouvait se déployer qu’en mettant à jour ce que nous sommes chacun et découvrir que cette parcelle unique de notre être n’était qu’une pièce indispensable à la construction de l’immense puzzle humain.

L’ère post-covid, nous donne l’impression que nous devons nous relever, remettre debout sur une terre brûlée, nos corps fatigués, rassembler nos esprits déboussolés, et que cette période de privation relationnelle, d’obscurité sur l’avenir, nous pousse plus que jamais encore, à reconsidérer ce qui nous avions internalisé comme acquis. L’épuisement nous oblige à regarder en face ce qui est important pour nous, essentiel, non négociable.

Alors que veut dire réussir aujourd’hui ? S’il est toujours question de « créer de la richesse », il devient insoutenable de l’envisager privée de la richesse relationnelle, de la solidarité et de la nécessité d’être.

La crise d’aujourd’hui, n’est plus une crise financière, c’est une crise de l’être : un profond sentiment de manque à être. Harassés par l’injonction à faire, l’individu, usé par l’aliénation productive crie, hurle son écœurement, pour espérer retrouver son souffle. Et cet appel est si puissant, qu’il semble que rien ne pourra plus l’arrêter.


Alors, s’il fallait renoncer au profit pour réussir ? Réussir à se souvenir ce que veut dire vivre, être en vie, être vivant ?

Dans la préface du livre de Tal Ben-Shahar, « L’Apprentissage du bonheur », Christophe André reprend une expression de l’auteur, celle de « Banqueroute affective ». Ce dernier nous rappelle dans son ouvrage, qu’à force d’obsession à accumuler des biens matériels on risque, sans s’en rendre compte, la faillite psychologique. La perte de sens, d’objectif altruiste menace de nous faire sombrer dans la dépression. La quête de la réussite n’a de sens que si elle nous permet de développer nos talents intérieurs et extérieurs, reflet unique de notre Être, au bénéfice de notre épanouissement personnel mais plus encore au service de l’humanité, de l’environnement, de la planète.

La nécessité du bien-être est un pré-requis dans la disponibilité aux autres, car elle favorise naturellement l’ouverture, la créativité. Et notre disponibilité aux autres, notre capacité à en recevoir et percevoir les bienfaits, alimente notre réservoir affectif, notre sentiment d’utilité, de connexion sociale. Ce pour quoi nous existons, en fait.


Tout est là, à portée de main. Nul besoin d’aller chercher plus loin, d’aller chercher plus haut, d’aller chercher ailleurs. Bien au contraire, il est temps de s’arrêter, et de sentir, là, juste à cet instant, à l’intérieur de nous, cet appel à être qui ne demande qu’à nous guider. Il paraît difficile de nier aujourd’hui, que nous souhaitons ardemment apprendre à l’écouter, à lui faire confiance, pour apprendre à nous faire confiance, et rester connectés à ce mouvement si naturel et bienfaisant d’attention à l’autre afin de répondre du mieux possible, que ce soit spontanément ou au long cours, à ce dont chacun a vraiment besoin.

Quels défis sont ceux des parents du XXIème siècle alors que depuis 2010 environ, est arrivée parmi nous la génération qu’on appelle Alpha ? 4ème génération après les Baby-boomers de l’après-guerre, de l’époque des 30 Glorieuses.


Que nous le voulions ou non, le train est en marche et en marche rapide. Les entreprises, ont, quant à elles, un train d’avance sur les repères parentaux et scolaires en termes d’éducation. Elles ont compris qu’elles devaient décoder pour s’adapter : fidéliser si possible leurs salariés, les impliquer, leur témoigner des signes de reconnaissance, s’intéresser à ce qui les intéresse, et les accompagner, au-delà de leurs murs et de leurs propres intérêts, pour faire de leurs collaborateurs, avant tout, des citoyens du monde.

La crise COVID a, plus encore, accéléré la lassitude face aux contraintes, à la course à la performance. Les élèves sont épuisés, les étudiants à bout de souffle et les adultes perplexes face à leur vie à laquelle ils souhaitent plus que jamais donner du sens, un sens, leur sens.



Être parents au XXIème siècle, c’est apprendre à faire une synthèse de l’histoire, et à la prendre en considération pour accompagner de façon éclairée sa petite famille : nos enfants sont une génération encore plus inédite, qui aspire à réussir sa vie de façon farouchement indépendante, innovante, qui se présente comme sachante, à laquelle on a l’impression de n’avoir rien à apprendre …


Et pourtant !


Plus que jamais la souplesse, la fermeté, la présence incarnée face à une jeunesse lancée sur les chapeaux de roue, est de rigueur. Finis les discours moralisateurs et culpabilisants, qui non seulement n’ont aucun effet sur nos chères têtes blondes mais renforcent notre discrédit auprès d’une génération qui est en quête d’être avant de faire ! L’humour, la patience, l’expérience, la créativité, la nouveauté et surtout la notion de … bien-être s’annoncent au rendez-vous de façon incontournable.

La remise en question de nos leviers de communication, de proximité affective, de transmission des valeurs, de la notion d’effort ne pourront exister qu’avec un message trempé d’humanité, accompagné d’outils concrets pour relever les enjeux existentiels de notre monde contemporain.


Nos jeunes le savent, et ne se laisseront pas perdre leur temps, déjà bien occupé par leurs réseaux sociaux dont nous pouvons nos sentir exclus, par nos discours éculés ! A nous de faire amende honorable, et d’apprendre à accompagner humblement et avec courage nos enfants dans le monde que nous leur avons façonné avant qu’ils ne mettent pied sur notre Terre. Ils nous attendent de pied ferme, pour le coup, sachons-le.

Mardi 31 mai 2022 | Conférence à l'institution des Marronniers